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L'or

L'or est le métal qui a le moins changé d'usage en 5 000 ans. Il sert encore à ce qui lui a valu sa valeur au départ : ne pas s'altérer, se travailler sans se rompre, et se reconnaître à l'oeil. Ses emplois industriels, réels, ne représentent qu'une fraction de la demande.

Propriétés

Numéro atomique 79, masse volumique 19,3 grammes par centimètre cube, fusion à 1064 degrés. Il est le plus ductile et le plus malléable des métaux : un gramme s'étire en un fil d'un kilomètre, et se bat en une feuille de moins d'un dixième de micromètre, translucide et verdâtre par transparence. Il ne s'oxyde pas à l'air, ne se ternit pas, résiste à presque tous les acides et ne cède qu'à l'eau régale ou aux solutions cyanurées. Sa conductivité électrique, bonne sans égaler celle du cuivre ou de l'argent, s'accompagne d'une inaltérabilité des contacts qui explique sa présence en électronique.

Gisements et réserves

L'or se rencontre à l'état natif, en filons de quartz d'origine hydrothermale, en gisements disséminés à très basse teneur, et en placers alluviaux où sa densité l'a concentré. Les teneurs exploitées vont de moins d'un gramme par tonne en ciel ouvert à plusieurs dizaines de grammes dans les filons étroits. L'extraction industrielle repose sur la cyanuration, mise au point à la fin du 10-neuvième siècle, qui dissout l'or avant de le précipiter ; l'orpaillage artisanal emploie encore massivement l'amalgamation au mercure, première source mondiale de pollution mercurielle. Les réserves recensées avoisinent 60 000 tonnes, et la quantité extraite depuis l'origine dépasse 200 000 tonnes, dont la quasi-totalité existe toujours sous une forme ou une autre.

Usages

La bijouterie absorbe environ la moitié de la demande annuelle, avec l'Inde et la Chine comme premiers marchés. L'investissement, sous forme de lingots, de pièces et de fonds indiciels adossés à du métal physique, en prend une bonne part, et les banques centrales achètent depuis le début des années deux mille vingt à un rythme sans équivalent depuis un demi-siècle. L'industrie ne consomme que quelques pour cent du total : fils de connexion et dorure de contacts en électronique, dentisterie, revêtements réfléchissants pour l'optique et le spatial, et quelques catalyseurs.

Cours

Le prix se traite en dollars par once troy, soit 31,1035 grammes. La référence mondiale reste le prix fixé 2 fois par jour à Londres par un mécanisme d'enchères électroniques, complété par les contrats à terme du marché de New York. Le cours ne suit ni les coûts de production ni la consommation industrielle : il réagit aux taux d'intérêt réels, au dollar et à la demande de protection. Cette dernière n'a pas de plafond mesurable, ce qui rend le métal volatil malgré sa réputation de valeur refuge, et explique que la fermeture de la convertibilité du dollar en 1971 ait marqué non la fin de son rôle monétaire mais son passage à un statut de réserve parmi d'autres.

Production et géopolitique

La production minière annuelle avoisine 3 000 tonnes, répartie entre la Chine, la Russie, l'Australie, le Canada, les États-Unis et le Ghana, sans qu'aucun pays ne dépasse une dizaine de pour cent du total. Cette dispersion rend le marché de l'or beaucoup moins vulnérable qu'aucun autre métal stratégique. Les tensions se situent ailleurs : dans l'orpaillage illégal, qui ravage des bassins d'Amazonie, de Guyane et du Sahel, et dans le financement de groupes armés par un métal facile à transporter et à blanchir. Les mécanismes de traçabilité mis en place depuis les années deux mille dix couvrent les raffineurs certifiés, mais restent largement contournés par les circuits artisanaux.

 

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